La rentrée des créateurs nantais

Il faut s’y résoudre, chères Nantaises, l’été va bientôt disparaître sans avoir vraiment vécu, à moins qu’il ne se révèle indien avant l’arrivée de l’automne… Espoir quand tu nous tiens !

Petit retour en arrière : j’avais résisté au printemps à l’appel excité des magazines – puisque le monde pressé de la consommation a toujours plusieurs mois d’avance – qui veulent toujours qu’on soit plus mince, plus belle, plus en forme en juillet et en août. Lucide sur la tendance de ma peau à vouloir rester blanche et de mon corps à prospérer sur ses acquis, j’avais ignoré superbement ces appels tentateurs : “bronzez comme une déesse aztèque / rentrez dans votre maillot d’il y a 10 ans / mangez mieux, mangez des œufs !”… oui, je sais, j’invente mais j’exagère à peine… Fière de moi, je plongeais mon nez dans de vrais livres, qui n’en avaient rien à faire de la fièvre estivale et de son cortège de diktats débilitants.

Vous avez chanté tout l’été ? Bravo, c’est l’heure de la rentrée, santé !

Oui, mais voilà, c’est la rentrée ! Encore un autre espace de consommation saisonnier qui s’ouvre, avec toutes ces petites choses indispensables à acheter. En fait, ça fait deux mois que les magasins l’anticipent, tant pis pour le temps qui n’a pas le temps, justement, de passer. Et là, fatalement, je craque, j’avoue… j’achète un Spécial Mode ! Mais je peux me justifier, ô juge suprême…D’abord, il faut que je reste informée des dernières tendances de la mode, j’écris dans l’Agenda de la Nantaise ou pas ? Ah ! Ensuite, j’ai besoin de me réinventer régulièrement (c’est grave docteur ?) et m’imaginer dans la peau de toutes ces mannequins c’est jouer tous les rôles en même temps : la bourgeoise, la no look (!), la rockeuse, la sportive, etc… Même si ce sont à peu près toujours les mêmes qui reviennent à chaque saison…

Mais il y a Stéphanie Boué, ses coupes impeccables et ses tissus haut de gamme…

Photos : Clode Valenti

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Bien sûr, certains looks me laissent dubitative, dégoûtée ou hilare (mais de qui se moque-t-on, Mokhtar ?) mais il faut bien que les rédactrices mode justifient leur emploi ! Et je ne parle pas de certaines publicités où l’on dirait que les marques – principalement de luxe – cherchent à faire le contraire de ce qu’elles voudraient, c’est à dire attirer des clientes… 😉

L’autre problème que soulève la lecture de ces revues parisiennes, c’est que nous autres, lectrices lambda, nous avons bon goût. On craque pour ce joli chemisier en dentelle, cette jupe à la coupe impeccable, on se voit déjà dedans, frimant devant des copines, sœurs, collègues éblouies (les gars s’en fichent, non ?). Et puis, un éclair de lucidité, on regarde le prix, inscrit en tout petit et… c’est la chute brutale ! Mettre le quart de notre salaire dans ce slim en agneau plongé tellement mignon serait top délire mais manger des pâtes le reste du mois ferait du mal à notre ligne… et on ne pourrait plus rentrer dedans en plus !

Mais il y a Zabee, ses couleurs éclatantes et ses prix abordables !

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Il ne reste plus qu’à attendre les numéros Spécial petits prix pour trouver quelques idées de looks abordables (quoique…). Ils sont quand même fortiches ces messieurs-dames du marketing, on se laisse prendre à chaque fois !

La rentrée des créateurs nantais

Je promeus donc une solution, au vu du nombre de créatrices(-teurs) de talent que j’ai rencontrés depuis un an (oui, vous pouvez souhaiter un bon anniversaire à ma chronique !) : le sur-mesures.

Mauvaise qualité des tissus,  coupes improbables, tailles riquiqui (non, la femme française moyenne n’a toujours pas les mensurations d’un garçon pré-pubère), la liste n’est pas exhaustive, alors revenons au cousu-main ! Le luxe à moindre coût, la survie de tous ces créateurs régionaux et de nouveaux emplois pour des personnes aux doigts de fée (rappelons-nous que le masculin de couturière est couturier… un monde entre les deux, non ?). Françaises, révoltez-vous, la Mode c’est nous !


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